10 questions à … Aurélien Police !

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Tombée complètement par hasard sur son travail, grâce aux romans d’Oisin Macgann (Féroces et Voraces) j’ai été complètement charmée par l’univers de cet illustrateur dont l’esthétique de ses œuvres est toujours extrêmement soignée. L’élégance est toujours présente, aussi bien dans les choix des couleurs que dans les esquisses des personnages qui ne se résument bien souvent qu’a d’insaisissables ombres. Et pour moi, c’est un peu ça la marque de fabrique Aurélien Police; une élégance sublimée par un univers sombre et mystérieux … en tous cas, moi j’adhère complètement ! Aujourd’hui, pour la seconde fois et encore par hasard, mon chemin se heurte aux travaux d’Aurélien Police. Trop intriguée par le travail de celui qui ce considère comme étant un « taxidermiste de chimère », je n’ai pas pu résister; je l’ai immédiatement contacté afin de lui poser quelques questions. D’une grande gentillesse, l’intéressé à bien voulut répondre à mes questions
même si ça à pris un certain temps …
1.Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? D’où vient cette envie de faire des illustrations ?
Je suis venu à l’illustration sur le tard et un peu par hasard. Même si j’ai toujours été plus ou moins sensible à l’image, tout s’est véritablement déclenché – ma profession, je veux dire – lors de l’acquisition de mon premier ordinateur lorsque j’étudiais les Lettres à l’Université. Je me suis vite vu en train de bidouiller des photos, faire des montages, puis des interfaces pour des sites web. Je découvrais des logiciels comme Dreamweaver, Flash, Photoshop et ses possibilités infinies. Tout est venu de là, de cette impression d’affranchissement que représentait le numérique. J’ai donc découvert le métier par moi-même et sans suivre de formation particulière si ce n’est celle du tâtonnement, de l’erreur et de l’entêtement.

Désolation Road; Aurélien Police
2. Quels sont les artistes que vous admirez le plus (toutes professions confondues !)? Et pourquoi ?
Si vous le voulez bien, je vais me restreindre à l’illustration sinon cela risque d’être un peu compliqué.
Dans les contemporains, tout d’abord, l’illustrateur qui m’a le plus influencé reste incontestablement Dave McKean. En injectant des montages numériques à ses peintures et dessins, il a véritablement défriché un style graphique qui a depuis fait de nombreux émules. Mais au-delà de la seule technique, c’est aussi son incroyable diversité qui me fascine. Que ce soit pour la jeunesse avec ses albums ou pour les plus grands avec ses tableaux, pochettes de disque ou ses romans graphiques, c’est un artiste aux multiples visages qui sait s’adapter à son sujet sans pour autant renier son identité. Autrement, sans trop tomber dans le listing, j’apprécie également énormément les travaux d’Ashley Wood, Shaun Tan, Menton III, Guillaume Sorel… Et dans les « classiques » (les morts donc) je lorgne bien volontiers du côté de Gustave Doré, William Turner, Arnold Böcklin, Caspar David Friedrich…
3. A quel illustrateur pensez-vous ressembler ?
L’idéal serait de ne ressembler à aucun autre ! Mais on vient forcément de quelque part et les influences, volontaires ou non, se font toujours sentir. Quoi qu’il en soit, comme je le disais plus haut, le travail de DaveMckean m’a toujours accompagné. De là à m’y comparer, il faudrait être particulièrement présomptueux.
4. Comment définiriez-vous votre style ?
C’est une forme de mixed-média, une bouillie numérique ou l’on retrouve de la peinture, de la photo, du dessin… La frontière entre ces techniques est parfois floue et c’est sans doute là que réside tout l’intérêt de mon travail (s’il devait y en avoir un).
5. D’où vous vient votre inspiration ?
Dans ce métier, il faut savoir rester ouvert à tout et être sans cesse dans une dynamique de curiosité. C’est ainsi que l’on nourrit la bête – et elle est particulièrement gourmande – qu’est l’imaginaire. Par conséquent, et en fonction des projets, il faut savoir se tenir informé des éventuelles modes graphiques, se nourrir des anciens, la chercher dans les lectures, dans une fissure de mur ou dans une plaque de rouille. C’est véritablement une démarche, un état d’esprit à cultiver.

La Dame au Nuage; Aurélien Police
6.Quelle est la question que personne ne vous a jamais posée mais que je devrais me risquer à vous poser ?
Je ne crois pas qu’il ait grand risque à me poser des questions. Au pire, vous obtiendriez de ma part un long silence et un regard un peu sombre, voire même un léger frémissement de sourcil. C’est d’ailleurs, peu ou proue, la réaction que j’ai eue en prenant connaissance de votre question.
7. Pouvez-vous y répondre ?
Nouveau long silence, œil sombre et frémissement de sourcil.
8.Quels sont vos projets futurs ?
J’ai plusieurs romans à illustrer pour la rentrée (en « Young Adult » ou adulte tout court). Fantasy, historique, fantastique, post-apo… Je me suis pas mal baladé au sein des genres dernièrement. J’aime ce grand écart constant. Je ne manquerai pas de poster ces images sur mon site lorsque ce sera possible. Autrement, j’ai également un projet de bande-dessinée, mais le dossier de présentation étant toujours en cours de réalisation, je ne peux malheureusement en dire davantage.
9. Notre équipe de rédactrices comprend une jeune illustratrice, quels conseils pourriez-vous lui donner, à elle ainsi qu’à tous les jeunes dessinateurs susceptibles de nous lire ?
Il n’y a pas de secret, il faut travailler. Beaucoup. Avoir, si possible, un bon entourage qui vous soutient dans votre démarche. Ne jamais se cloisonner dans un seul secteur – musique, édition adulte ou jeunesse, cinéma, jeu-vidéo, événementiel etc, l’image est partout – ça vous sauvera la peau si jamais l’un de ces secteurs se casse la g….. Être patient et posé. Ouvert à la critique, mais également savoir être sûr de soi au bon moment. Et puis faire des rencontres (sur les salons ou autre). C’est ainsi que beaucoup de projets voient le jour et cela vous permettra de sortir un peu de votre vie d’ermite. Parfois, le soleil brille dehors.
10. Un petit mot pour la fin ?
Hop.
Trois lettres. J’aurais pu mieux faire.
En tous cas, je ne peux le gratifier que d’un ÉNORME MERCI d'avoir bien voulut répondre à mes questions !
N’oubliez pas que vous pouvez retrouver Aurélien Police sur son blog en cliquant ici, sur son Tumblr par là

Etudiante de 18 ans, cinéphile, musico-phile, littérairo-phile, et légèrement folle à plein temps !

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