10 questions à … Béatrice Egémar !

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Béatrice Egémar, vous la connaissez susurrement c’est l’auteure de Elle posait pour Picasso, le livre chroniqué ce mois-ci, et si vous ne la connaissez pas, voici de quoi vous familiariser avec elle et son univers. Ci-dessous vous retrouverez ma petite entrevue virtuelle avec elle …

Béatrice Egémar d’après Béatrice Egémar …

Je suis née le 2 septembre 1961.
Ce n’est pas drôle de naître un 2 septembre : bien souvent, c’est la rentrée. Quand j’étais petite, ça ne me gênait pas, je faisais partie de ces fous qui aiment l’école, parce que l’école, ça permet d’apprendre à lire !
Premier souvenir de maternelle : je sors de classe en pleurant. Ma mère s’inquiète, que s’est-il passé ? La maîtresse n’est pas gentille ? Je me suis disputée ?
— Cette école est nulle, j’ai pas encore appris à lire !

Ça commençait bien.
Dès que j’ai su lire, les livres ont rythmé ma vie. Mon enfance, avec les vacances où je pouvais passer des nuits entières à dévorer des piles de bouquins, ma jeunesse, et même ma vie de maman, car j’avais trouvé un système ingénieux de coussins qui me permettait de nourrir mes bébés en lisant ; je sais, j’ai honte…
Comme « faire écrivain », c’est pas un métier, et que quand même, il faut s’occuper à des choses sérieuses, j’ai étudié le droit (et le chant classique), j’ai travaillé comme cadre, puis j’ai arrêté pour m’occuper de ma petite famille.
Puis ce qui devait arriver arriva, j’ai commencé à écrire, quand mon 4è enfant est entré à l’école. J’ai lu ce que mon stylo avait noté, c’était une histoire pour enfant. Ça m’a étonnée, moi je pensais que j’allais écrire un polar, mais bon, pourquoi pas ?
Depuis, j’écris.
Des textes pour la presse, des textes d’album, des romans historiques, j’écris aussi des histoires pour la presse jeunesse, et des textes d’album. Et même un abécédaire du rock !
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1. Nous savons que vous êtes auteure depuis maintenant une dizaine d’années et que vous avez un nombre assez incroyable de romans à votre actif. Ce que nous de savons pas; c’est comment vous en êtes arrivée à écrire des romans. Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
J’ai commencé à écrire à 40 ans, d’abord de petits textes courts publiés en presse jeunesse (je lis déjà, abricot, moi je lis…). Comme ça marchait, je veux dire que cela trouvait des éditeurs, j’ai tenté quelque chose de plus ambitieux, qui me permettrait de développer des personnages : la série « Hori », 5 romans historiques pour les 10/11 ans, en Egypte ancienne (Fleurus) . Et à partir de là, tout s’est enchaîné, j’ai fait la connaissance de Thierry Lefèvre qui dirigeait la collection « Courants Noirs » chez Gulf Stream, et je suis passée au grand format, tout en continuant d’écrire d’autres textes à l’occasion, comme par exemple l’abécédaire « T’es rock ou t’es ringue » pour Gulf Stream. Puis je suis passée au roman adulte aux Presses de la Cité.
2. Je remarque également que vous écrivez énormément de romans historiques. Pourquoi ce genre de romans en particulier et pas un autre ? Qu’est-ce qui vous plaît tant dans l’Histoire ?
Je suis incapable de le dire mais l’Histoire m’a toujours fait rêver. Enfant, je dévorais les livres de Paul Féval ou Alexandre Dumas, et adolescente, les biographies d’André Castelot ou Alain Decaux. J’aime m’imprégner de la mentalité d’une époque, différente de la nôtre. Comment on pensait, quel était le rapport à ses parents, à ses éducateurs, de quoi on rêvait, de quoi on avait peur… et très concrètement comment on s’habillait, ce qu’on mangeait !
3. Elle posait pour Picasso est votre dernier roman, pourriez vous nous en faire la promotion avec vos propres mots ?
C’est l’histoire d’un jeune homme qui « monte à Paris » pour devenir poète, et qui fait la connaissance de génies comme Apollinaire et Picasso. Ça lui coupe un peu les ailes, on  peut le comprendre. Un peu par désœuvrement, et poussé par Max Jacob, qui pratiquait le spiritisme, il enquête sur la mort étrange d’une petite bouquetière qui a posé pour Picasso. J’ai voulu montrer au lecteur comment on vivait à Montmartre au début du XXè siècle, et le faire réfléchir à des sujets touchant à la création artistique, au rôle du modèle.
4. Dans Elle posait pour Picasso comme dans Les noces vermeilles, votre récit vous pousse à travailler avec des personnages historiques. Existe t-il des contraintes particulières quant à l’utilisation de ce genre de personnages ? Où se trouvent les limites de ces derniers ?
Le défi, c’est de mêler la vérité historique à des choses tout droit sorties de l’imagination de l’auteur. Dans ce roman, j’ai inséré dans certains dialogues des mots « Elle posait pour Picasso », par exemple, j’ai inséré dans des dialogues certaines phrases écrites par Max Jacob ou Picasso de manière la plus naturelle possible. D’autres fois, je me suis demandé : « qu’aurait-il dit ? Comment aurait-il réagi? » en essayant d’être au plus près à ce que je pense être le personnage.
5. Est-il plus simple d’écrire avec des personnages fabriqués de toutes pièces ou avec des personnages historiques ? Que préférez-vous ?
J’aime mélanger les deux ! C’est vraiment ce que je préfère !
6. Possédez-vous une source d’inspiration particulière ?
L’Histoire, bien sûr, et en général, j’aime bien mettre en scène des gens ordinaires, qui n’ont pas des qualités remarquables, des faiblesses, pour voir comment ils vont se débrouiller. Je n’aime pas les super héros.
7. Est-il plus simple d’écrire seule comme vous l’avez fait avec Elle posait pour Picasso ou à plusieurs comme pour L’Ecole de la mort ? La construction d’un roman diffère t-elle selon ces deux configurations de rédaction ?
L’Ecole de la mort est un recueil de nouvelles complètement indépendantes, sauf qu’elles sont toutes sur le thème de l’école, de la formation. Ce n’est pas de l’écriture collective, il n’y a pas de difficulté particulière.
8. Quelle est la question que personne ne vous a jamais posé mais que je devrais me risquer à vous poser ?
Ah, quelle bonne idée !
Ma question : de quoi rêvez-vous, en tant qu’auteur ?
9. Alors, de quoi rêvez-vous en tant qu’auteur ?
D’écrire un roman qui « vient tout seul », d’écrire avec facilité, ce n’est pas mon cas !
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10. Un petit mot pour la fin ?
Merci ? On ne le dit pas assez !
Et pourtant c’est à moi de dire merci à Béatrice qui aura répondu à mes questions avec une rapidité encore jamais vue dans l’histoire de ce blog ! Si voulez plus d’informations (ou du moins voir ce que je pense de Elle posait pour Picasso, vous pouvez cliquer ici !!)

Etudiante de 18 ans, cinéphile, musico-phile, littérairo-phile, et légèrement folle à plein temps !

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