10 questions à . . . Clémentine Beauvais

13:54 0 Comments A+ a-


Clémentine Beauvais, vous savez qui c’est. Mais si !! Cherchez un peu ! Même si vous n’en avez pas conscience, vous la connaissez. Parce que si vous vous baladez un peu sur le blog, vous vous rendrez compte que moi même en ai parlé y a très peu; il y a deux articles ! Ici plus précisément ! Et après quelques échanges par e-mail, depuis sa frigoriafiante Angleterre, Clémentine Beauvais répond à mes questions que voilà . . . .
1) Pour les internautes qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ? Depuis combien de temps écrivez vous ? Qu’est -ce qui vous à poussé à écrire ?
J’ai toujours été très sage et obéi aux profs. J’ai fait mon collège et mon lycée en France, ensuite une classe de prépa littéraire dont je garde des souvenirs terrifiés, et puis j’ai enfin trouvé le système éducatif qui me convenait, en Angleterre, à l’université de Cambridge, où j’ai fait une licence, un master et un doctorat. J’écris depuis toujours, comme beaucoup d’écrivains.Il est fort probable que ce soit lié au fait que ma mère est une bibliolâtre et mon père un raconteur insatiable d’histoires mythologiques. J’ai eu une enfance privilégiée au milieu des bouquins.
2) Etes-vous écrivain à « plein-temps » ? Avez-vous l’ambition de le devenir ?
Non, je suis universitaire à plein temps. Après un doctorat en littérature jeunesse et philosophie de l’enfance, je suis actuellement chercheuse, à peu près dans le même domaine. Je n’ai pas du tout envie de devenir auteur à plein temps, d’une part parce que j’aime la recherche et l’enseignement, d’autre part parce que la vie d’auteur à plein temps ne m’attire pas vraiment. C’est une activité solitaire (et mal payée). Je trouve mon équilibre entre l’écriture de livres pour enfants et l’écriture d’articles et de livres universitaires.
3) Parlez-nous un peu de votre nouveau roman, pouvez-vous nous dire, avec vos mots, de quoi parle ce livre ? Quelles ont été vos principales inspirations pour l’écrire ?
Comme des images part d’un fait divers banal : une vidéo compromettante d’une adolescente de 16 ans ‘fuitée’ sur Internet par son ex-copain qu’elle a quitté pour un autre. Le roman raconte la journée qui va suivre, au lycée Henri-IV où l’héroïne et son amie – la narratrice – sont scolarisées.
Pour moi c’est principalement un roman qui parle de ce mélange étrange d’hostilité et d’indifférence qu’on ressent quand on vit au milieu d’autres personnes qui ont été ‘dressées’ pour vouloir la même chose que nous. Il parle de ces lieux privilégiés où être cool et populaire équivaut à atteindre la perfection à la fois physiquement,  intellectuellement et économiquement ; où tout est question de performance. Et ces traits-là se trouvent exacerbés à l’adolescence.
L’idée de l’histoire elle-même est venue d’un fait divers terrible, le suicide d’un adolescent suite à une vidéo compromettante fuitée sur Internet. Ce roman est né alors que j’étais aux deux tiers de ma thèse et que je lisais du Sartre et du Beauvoir au kilo, donc l’influence existentialiste est, pour moi, énorme. Mais l’inspiration vient aussi, évidemment, de mes propres souvenirs de lycée, à Henri-IV.
4) Dans la bande-son de Comme des images, on retrouve des titres de Serges Gainsbourg, Brigitte Bardot ou encore de Françoise Hardy tels que ComicStripMoi je joue et Ma jeunesse fout le camp, s’agit-il de vos références musicales personnelles ou de morceaux qui vous inspiraient ou/et que vous associez à l’univers de ce roman ?
Ah, cette bande-son ! J’ai écrit un billet de blog dessus : http://clementinebleue.blogspot.co.uk/2013/10/la-bande-son-du-roman-tragedie-en-un.html . Il explique le drame que ça a été. Mais oui (désolée) c’est la musique que j’écoute… Je suis fan de Françoise Hardy et j’aime beaucoup les Birkin mère et filles. Le summum de la coolitude !
5) Quels sont vos prochains projets en littérature ?
Je travaille sur un prochain roman ado qui devrait être beaucoup plus light et drôle ; après La pouilleuse et Comme des images, j’ai besoin d’un peu plus de légèreté. J’écris aussi des romans pour enfants plus jeunes – école primaire – et j’adore ça ; ça reste aussi la littérature jeunesse que je préfère lire. En anglais, j’ai le troisième tome d’une série pour enfants qui paraît en avril, et une nouvelle série en septembre.
6) A quels auteurs pensez-vous ressembler ?
Honnêtement, je ne sais pas comment répondre à cette question sans que ça soit extraordinairement prétentieux. « A Proust ? »« A personne ? » Je vais plutôt essayer de parler de mes influences. Pour les plus jeunes, mes influences sont faciles à identifier. Mes deux séries en anglais s’inspirent beaucoup de Fantômette, de Tom-Tom et Nana, de Fifi Brindacier, et de la série des Bennett. Pour mes romans ado, les influences sont beaucoup plus diffuses et franchement plus difficiles à pointer du doigt. Je lis énormément de livres pour enfants, pour ados et pour adultes, donc l’inspiration est très fragmentée.
7) Avez-vous un conseil à donner aux jeunes écrivains ?
Finir ce qu’ils commencent. C’est la chose la plus difficile à faire. Ecrire un début de roman, c’est hyper facile. Aller jusqu’à la fin, c’est de la torture. Mais la satisfaction d’avoir fini un projet est tellement intense ! Pour moi, c’est à partir du moment où on arrive à finir quelque chose (un roman, une nouvelle, un poème) qu’on peut vraiment se dire écrivain.
8) Dans Comme des images, on évoque les dangers des réseaux sociaux, mais pas que; y a-t-il un message particulier que vous voulez faire passer avec votre roman ? Qu’aimeriez-vous que les lecteurs retiennent de ce livre ?
Comme des images n’est pas vraiment un livre ‘à message’. Les dangers des réseaux sociaux sont évoqués, c’est vrai, mais je passe moi-même des heures sur Facebook et j’adore ça. Ce roman n’est pas un guide des réseaux sociaux ou un manuel du vivre-ensemble ! Je voudrais surtout que les lecteurs retiennent des images, des sensations, peut-être une impression diffuse d’inconfort et de gêne, parce que ces impressions-là font se poser des questions.
9) Quels arguments pouvez-vous nous donner pour nous inciter à explorer votre univers et à lire vos livres ?
J’écris des livres assez différents les uns des autres, donc avec un peu de chance il y en aura un dans le lot qui vous plaira… Si vous préférez les livres pour enfants plus légers aux livres pour ados très sombres, vous pouvez lire Les petites filles top-modèles ; si vous aimez les contes, La louve ; le théâtre classique – La plume de Marie… Ah oui, et puis il n’y a pas que mes livres ; sur mon blog, je publie beaucoup d’articles sur la littérature jeunesse et l’écriture, et ils sont gratuits ! Liste complète ici : http://www.clementinebeauvais.com/fr/articles/.
10) Un petit mot pour la fin ?
Çà tombe bien que ça soit fini, c’est tea-time ici…Merci beaucoup pour ces questions, et bonnes lectures !
Merci encore à Clémentine Beauvais qui à pris le temps de répondre à mes questions avec beaucoup de gentillesse !!

Etudiante de 18 ans, cinéphile, musico-phile, littérairo-phile, et légèrement folle à plein temps !

Venez, laissez un petit mot doux !!