Les déchaînés-Flo Jallier

20:42 2 Comments A+ a-


Je me suis rendue compte que nous étions tous les maillons inconscients d’une chaîne dont nous avions la possibilité de nous défaire ou au contraire à partir de laquelle nous pouvions puiser notre force.
Marie-Jo: Fin de l’éternelle répétition
page 206, Les déchaînés
Aujourd’hui, (et encore un fois grâce à notre partenaire) j’ai pu lire Les déchaînés de Flo Jallier. Au départ j’étais un peu septique notamment à cause de la couverture qui, bien qu’élégante était un peu trop austère à mon goût (et ça faisait un peu livre pour adulte chiant à en mourir . . .) Mais j’ai eu l’intelligence (et je m’en félicite encore maintenant !) de lire le résumé (pas celui du livre; parce qu’il n’aide pas vraiment; mais celui qui suit !). Et finalement, cette lecture s’est avérée être extrêmement émouvante, surprenante et m’a profondément touché; en particulier sur le point de vue des racines et des origines et . . . voici mon très long avis !!!

Synopsis
Martinique, 1872: Amélia rêve . . . quand elle le peut. Son jeune maître Thibault de la Bauterie lui invente mille jeux, de la grande piraterie à la chasse aux crapauds buffles dans les champs d’ananas. Mais une fille d’esclave peut-elle être libre d’aimer ?
Paris, 2005: Marie-Jo a 20 ans , et c’est à peu près tout ce qu’elle sait d’elle. Jusqu’à ce que son père lui apprennent qu’elle est issue d’une histoire d’amour aussi flamboyante que violente: entravée.
2 continents et 4 générations séparent Amélia et Marie-Jo, pourtant elles portent en elles la même soif de liberté, sans fers ni contraintes, les mêmes désir; déchaînés.
Mon avis
Ce livre est divisé en quatre parties, chacune racontant l’histoire de quatre différentes héroïnes appartenant à la même famille.
Partie 1: L’éternelle répétition: Amélia
La première partie se situe en Martinique. Nous sommes en 1872, l’histoire est principalement centrée sur Amélia et son histoire, celle par qui commence cette fameuse éternelle répétition. On observe la looonnngue mise en place de la relation de Thibault et Amélia que l’on voit arriver de très loin. Au départ j’ai été relativement déçue par cette histoire qui se déroulait certes dans le cadre chaleureux d’une île antillaise mais qui était sans cesse ternie par les longues descriptions des jeux d’enfants de Thibault ( la chasse aux crapauds-buffles par exemple). J’ai donc eu énormément de mal, je commençais même à regretter ce choix de SP (c’est vrai quoi, c’était pas non plus le livre le plus mis en avant dans le catalogue . . .), mais le style si particulier de l’auteure à réussit à m’accrocher, à m’emmener vers un point fort de l’intrigue, à un moment de l’histoire où l’on a plus le choix; continuer à lire.

Continuer parce que vous pourriez en mourir de ne pas savoir ce qui arrive à cette pauvre Amélia, continuer parce que vous vous prenez de compassion pour des personnages qui pourtant n’ont rien en communs avec vous mais qui vous touchent car ils ne sont, après mure réflexion que de simples Monsieur et Madame Toulemonde et qu’ils ne sont que simplement frappés par les aléas de la vie. Ni plus ni moins.
En parlant du style de Flo, il est vrai que j’ai été prise de court. Je m’attendais vraiment à quelque chose qui tend sur la poésie en truc vraiment lourd émotionnellement et puis . . . SURPRISE !!!! je suis tombé sur quelque chose qui se rapprochait beaucoup plus de La drôle de vie de Bibow Bradley se qui en plus de me faire rire (parce que c’est un peu grossier quand même à certains moments !) a réussit à faire passer la pilule un peu mieux.
Au niveau des langues (rassurez vous ce livre est bien en Français !!), je crois que c’est là que j’ai été la plus surprise ! Alors oui l’histoire se passe en Martinique mais rien n’obligeai l’emplois du créole ! Mais alors qu’elle surprise !! Et quel plaisir surtout, de pouvoir ENFIN lire un livre dans sa langue maternelle (fait extrêmement rarissime!) ! Je pense que vous l’aurez compris, ce petit point m’a vraiment rendue heureuse. Ainsi, j’ai pu comparer les créoles Martiniquais et Haïtiens (parce que je  suis d’origine Haïtienne) qui ne sont en fin de compte pas très différents  mais surtout de voir le formation de certains mots que je n’avais seulement eu le loisir d’entendre à l’oral dans mon enfance (et aujourd’hui aussi maintenant que j’y pense !).
Partie 2: L’éternelle répétition: Camille
Dans cette partie, on change de décor, de pays, de continent, de personnage principal, de situation, d’époque,  de contexte historique . . .Dans cette seconde partie, nous sommes à Paris pendant la Seconde Guerre Mondiale. Etayé par certains dialogues (en Allemand s’il vous plait !) particulièrement amusants, nous suivons à travers cette seconde partie l’histoire de Camille, une femme de 40 ans qui. . . et je n’en dit pas plus (trop peur de faire des spoils).
Dans cette seconde « éternelle répétition » j’ai trouvée qu’on ne parlait pas assez de Camille qui pourtant prête son nom à la partie 2. On se contente de revenir en arrière et l’on continue à parler d’Amélia et justement ces changements ne sont pas très bien signalés ce qui fait que l’on se retrouve sans s’en rendre compte dans une autre époque et sans forcément comprendre et qui nous oblique parfois à revenir en arrière ce qui est vraiment agaçant.
Partie 3: L’éternelle répétition: Louisiane
Cette troisième éternelle répétition est surement la plus spéciale de toutes ! Racontée par un homme pour changer ! Le témoignage d’un père, un mari, la partie la plus émouvante et qui jongle habilement entre grossièreté et élégance. La touche de dérision nécessaire, raconté d’une manière non-conventionnelle, plus légère, intéressante qui fait avancer dans l’intrigue: Mon « éternelle répétition » favorite ! Celle qui m’a le plus touché en tous cas !
Partie 4: Fin de l’éternelle répétition: Marie-Jo
Tout est dans le sous-titre ! Cette partie est la toute dernière, racontée par Marie-Jo, en 2005, une jeune femme soucieuse de connaître ses origines. Une jeune femme avec qui se termine l’éternelle répétition d’une histoire familiale aux accents tragiques qui se perpétue depuis plus d’un siècle.
Cette dernière partie est racontée à la 1e personne, chose que j’attendais depuis le début de ma lecture. Puis je me suis rendue compte de la faiblesse du récit et me suis rendue compte que l’histoire était beaucoup plus intéressante lorsqu’elle était racontée d’un point de vue externe du personnage concerné.
Je ne peux plus que saluer le talent de l’auteure qui m’aura tout de même permis de passer un bon petit moment aux côtés de personnages exceptionnels pour la plus part!
(Vous êtes toujours là ? Bravo ! Merci ! Voici une petite synthèse, accompagnée des références qui vous permettrons, si le livre vous tente et que ma (longue) chronique (avec beaucoup de remarques entres parenthèse) vous à plu, d’acheter Les Déchaînés de Flo Jallier)
Les petits +:
  • Divers document insérés ( articles de presse; lettres, mails) à l’histoire qui rendent la lecture vraiment plus cool !
  • Une histoire qui s’étend sur plus d’un siècle; narrée par différents protagonistes, à la fois amusante et émouvante
  • Ponctuée par les (tristes) aléas de la vie et de l’Histoire
Le(s) petit(s) -:
  • Il faut un long moment avant de plonger à fond dans l’histoire qui s’avère être absolument superbe !


Références:

Les déchaînés, de Flo Jallier
Un roman Sarbacane
Collection eXprime
264 pages, 15 €

Etudiante de 18 ans, cinéphile, musico-phile, littérairo-phile, et légèrement folle à plein temps !

2 commentaires

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Marinette
AUTHOR
9 novembre 2015 à 19:26 delete

J’ai eu l’occasion de lire ce livre il n’y a pas si longtemps (fin octobre); et j’avais beaucoup aimé ;)
Par contre, le style de l’auteure ne m’a spécialement plu… Je ne suis pas fan du côté vulgaire que l’on trouve, heureusement, qu’au début de l’histoire.

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9 novembre 2015 à 19:27 delete

ah bon ? dommage !! Moi j’avais adoré !!
eh oui j’ai vu ta chronique sur ton blog (que je trouve très bien au passage !! )

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Venez, laissez un petit mot doux !!